Ce trait de caractère offre à la Chaika une autonomie doublée et un coût d'utilisation bien plus bas que celui des appareils 35mm

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Chaika, un appareil photo compact pas comme les autres

Dans les années 60, le paysage photographique était bien différent de ce qu'il est aujourd'hui.  Si les fabricants d'appareils photo étaient légion dans toute l'Europe, l'histoire a principalement retenu les excellents et prestigieux compacts télémétriques allemands. Dans les pays de l'ex union soviétique, la mode était à la copie. Ainsi trouvait-on par exemple des FED et des Kiev, éhontément copiés respectivement sur les Leica et les Contax de l'époque.

D'autres fabricants, cependant, ont fait le choix de sortir des sentiers battus. C'est le cas de la marque biélorusse BelOMO (Belorusskoe Optiko-Mechanichesckoye Obyedinenie) qui produisit la série des Chaika de 1965 à 1973. Le premier modèle fût produit à 171400 exemplaires entre 1965 à 1967. Trois autres modèles virent le jour par la suite : Chaika 2 (1967-1972), Chaika 2M (1972-1974), et Chaika 3 (1971-1973).

Appareil Photographie argentique

Laurent BERTA

Chaika : un appareil photo étrangement attachant

A première vue, la Chaika semble assez classique et conforme aux standards de l'époque : un compact rectangulaire, gris et gainé de cuir. Mais, à y regarder de plus près, le constat est tout autre. La Chaika est un appareil franchement atypique, pour ne pas dire bizarre.

Sa grande particularité est son format de 18x24mm en cadrage vertical, qui permet d'exposer 72 images sur un film 35mm standard de 36 poses. Chaque prise de vue est exposée sur une demi-frame 24x36, et l'avance de la pellicule lors du réarmement est réduite de moitié par rapport à un mécanisme 24x36 habituel. Ce trait de caractère offre à la Chaika une autonomie doublée et un coût d'utilisation bien plus bas que celui des appareils 35mm courants, au prix bien sûr d'une définition moindre … et d'un cadrage vertical.

A l'heure du numérique, où les prises de vues sont virtuellement illimitées et gratuites, cette capacité de 72 poses peut faire sourire. Mais, en 1965, ce n'était pas rien.

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Design et ergonomie biélorusse

En terme d'ergonomie, la Chaika se distingue par sa compacité et par la position de ses contrôles. Ainsi trouve-t-on le bouton de déclencheur à l'avant plutôt que sur le capot supérieur ; un emplacement relativement peu commode, et responsable de déclenchements involontaires intempestif. A côté du déclencheur se trouve un filetage pour adjoindre un déclencheur souple.

La manivelle de rembobinage, elle, se trouve curieusement placée sous l'appareil, à côté d'une fenêtre indiquant la sensibilité du film chargé. Un filetage 1/4'' permet de fixer le boîtier sur un trépied.

Le reste des contrôles est plus classique. Le capot supérieur comprend deux fenêtres. L'une d'elle compte le nombre de poses exposées, et l'autre indique la vitesse de l'obturateur (1/30 à 1/250 +B) sélectionnée au moyen d'une roue dentée. Pas de sabot accessoire ici, même si la Chaika s'offre le luxe d'une prise synchro flash en façade. Le levier de réarmement, lui, se situe classiquement à l'arrière et est actionné par le pouce droit.

L'optique de la Chaika

Comme pour les boîtiers, les objectifs soviétiques des années 60 étaient bien souvent des copies des formules optiques allemandes Leitz (Leica) et Zeiss (Contax).

L'optique de la Chaika est un Industar-69 de 28mm dont la courte focale compense dans une certaine mesure la réduction de la fenêtre d'exposition par rapport au format 24x36. La plage d'ouverture s'étend de f:2.8 à f:16. La distance de mise au point minimale est de 80 cm.

La formule optique est un bon vieux Tessar de 4 éléments en 3 groupes, conçu par Paul Rudolph en 1902 pour Zeiss. Les Tessar furent utilisés notamment sur différents objectifs Contax, mais aussi Rollei. Le fameux Minox utilise également cette formule.

Les intérêts de l'appareil photo Chaika

L'objectif de la première Chaika est fixe. La Chaika 2 dispose du même objectif Industar-69, mais avec une monture vissante Leica M39. En revanche, la distance focale étant plus courte que le standard Leica, la Chaika n'est pas compatible avec les optiques Leica M39.

L'intérêt de cette monture M39 était en réalité uniquement de pouvoir utiliser l'objectif sur un agrandisseur.

Exposition & mise au point avec le Chaika

La Chaika, appareil minimaliste s'il en est, le dispose ni de télémètre ni de cellule. Ainsi, l'exposition et la mise au point se font au juger. Si cela peut paraître impensable aujourd'hui, cette absence d'assistance était courante à l'époque, et les photographes s'en accommodaient. Pour les plus tatillons, il reste possible d'utiliser des accessoires comme une cellule à main et un télémètre externe.

Que ce soit par sa compacité, son élégance dépouillée soviétique, son ergonomie déroutante, ou encore ses fameuses 72 poses verticales, la Chaika est un compact au charme vintage incroyable. Un appareil photo aussi attachant qu'étrange.

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